Adopter la reprise et la location pour un voyage plus durable
Voyager plus léger ne consiste pas seulement à choisir une valise cabine bien pensée. C’est aussi une manière de consommer moins, d’acheter plus intelligemment et d’utiliser au maximum ce qui existe déjà. Dans cette logique, la reprise, la seconde main, la location et la réparation deviennent de vraies solutions pratiques pour préparer un départ sans multiplier les achats neufs. Pour les voyageurs fréquents, les digital nomads ou les vacanciers occasionnels, cette approche permet souvent de gagner à la fois en budget, en simplicité et en impact environnemental.
Le sujet est d’autant plus concret que les chiffres récents vont tous dans le même sens. En juillet 2025, l’ADEME rappelait qu’en France, les transports représentent 69 % des émissions de gaz à effet de serre du tourisme, et que 92 % des touristes se déplacent encore en voiture. Dans ce contexte, “réduire cette empreinte carbone est donc un impératif. Et cela passe d’abord par une meilleure utilisation de l’existant.” Adopter la reprise et la location pour un voyage plus durable s’inscrit exactement dans cette logique : éviter l’achat neuf inutile, emporter moins, louer sur place quand c’est pertinent, et prolonger la vie des équipements déjà produits.
Pourquoi la reprise et la location ont du sens pour voyager durablement
La première bonne raison est simple : un voyage génère souvent des achats impulsifs. On achète une veste technique pour un week-end en montagne, une tenue habillée pour une cérémonie, des chaussures pour une destination précise ou encore des accessoires qui ne serviront qu’une fois. Or, selon l’ADEME, une grande partie des reventes sur les plateformes de seconde main provient justement d’achats “erreur” ou d’achats destinés à un usage ponctuel. Cela montre bien que beaucoup d’articles acquis pour voyager n’étaient pas réellement nécessaires à long terme.
Dans le cadre plus large de l’économie circulaire, le ministère de la Transition écologique rappelle en 2025 qu’il faut sortir du modèle “extraire, fabriquer, consommer et jeter”. La priorité est donnée à la prévention des déchets, notamment via le réemploi. Le Conseil national de l’économie circulaire cite d’ailleurs explicitement la réparation, le réemploi et l’économie de la fonctionnalité parmi les modèles à encourager. Louer au lieu d’acheter une doudoune, reprendre une valise d’occasion ou faire réparer ses chaussures avant le départ n’a donc rien d’anecdotique : ce sont des pratiques pleinement cohérentes avec ce cadre public.
Pour le voyageur, l’intérêt est aussi très concret. Utiliser l’existant permet de limiter le volume d’affaires à acheter, stocker, transporter puis jeter. C’est particulièrement utile quand on cherche des bagages durables et légers : mieux vaut investir dans une bonne valise polyvalente et compléter ponctuellement avec de la location ou de la seconde main, plutôt que d’accumuler des équipements spécialisés rarement utilisés.
La seconde main comme réflexe avant d’acheter du neuf
La seconde main n’est plus une niche. En juin 2025, l’ADEME indiquait que 42 % des Français ont recours au marché de la seconde main pour l’habillement. Pour les voyageurs, cela rend cette option totalement crédible au moment de préparer un départ. Si vous avez besoin d’une chemise en lin, d’un coupe-vent, d’un sac de jour, d’un pull chaud ou de chaussures de marche peu intensives, il est souvent possible de trouver rapidement une pièce adaptée sans passer par le neuf.
L’accès est d’autant plus simple que 87 % des acheteurs et vendeurs de vêtements de seconde main passent par au moins une plateforme en ligne. En pratique, cela signifie qu’avant un voyage, vous pouvez comparer plusieurs options, vérifier les tailles, filtrer par état et recevoir l’article chez vous sans y passer des jours. Pour les voyageurs organisés mais pressés, c’est un vrai avantage. Et comme de nombreux articles revendus ont très peu servi, le rapport qualité-prix est souvent intéressant.
Les chiffres de l’ADEME sont parlants : 55 % des chaussures revendues ont été portées moins de cinq fois, et plus largement, les produits revendus n’auraient vécu que 19 % à 30 % d’une “première vie normale”. Autrement dit, beaucoup d’articles de seconde main sont encore loin d’avoir été pleinement utilisés. Dans cette perspective, acheter d’occasion pour un voyage peut être un bon moyen de s’équiper sans relancer immédiatement la production d’un article neuf.
Quand la location est plus pertinente que l’achat
La location devient particulièrement intéressante pour tout ce qui sert peu. C’est le cas des vêtements de cérémonie, des manteaux très spécifiques, d’une tenue adaptée à un climat exceptionnel, ou encore d’accessoires liés à une activité précise. Si l’usage est ponctuel, louer évite d’immobiliser du budget dans un objet qui finira au placard. C’est exactement le type d’arbitrage qui rend un voyage plus durable sans le compliquer.
Cette logique est renforcée par une donnée de l’ADEME Recherche relayée en 2025 : acheter un vêtement de seconde main peut réduire jusqu’à 73 % son impact environnemental par rapport à un article neuf. Mais pour certains besoins très occasionnels, la location va encore plus loin dans la sobriété d’usage, car elle évite même de transférer la propriété d’un article que l’on n’utilisera presque jamais. Pour un week-end de ski improvisé, un mariage à l’étranger ou un séjour en climat froid très rare, la location mérite clairement d’être comparée à l’achat.
Pour les voyageurs qui aiment optimiser leur bagage, louer sur place peut aussi limiter ce que l’on transporte. L’ADEME souligne en juillet 2025 que dans des territoires sous forte pression touristique, la logique “utiliser l’existant” via la location, le partage et la mobilité sans voiture est un levier concret de tourisme plus durable. En Occitanie, par exemple, avec 237 millions de nuitées touristiques en 2024 et 125 000 emplois touristiques en moyenne annuelle, cette approche répond à une réalité de terrain : mieux vaut mutualiser certains équipements plutôt que dupliquer les achats pour chaque visiteur.
Réparer avant de remplacer : un levier souvent sous-estimé
Avant d’acheter ou de louer, il y a une question simple à se poser : ce que vous avez peut-il encore servir ? En 2025, le bonus réparation textile a été élargi à toute la filière TLC, c’est-à-dire les textiles, le linge de maison et les chaussures. Vêtements, chaussures, lingerie et linge de maison sont désormais couverts, hors quelques exceptions comme le cuir ou la fourrure. Pour préparer un voyage, cela change la donne : faire réparer une pièce utile devient plus accessible financièrement.
Le dispositif fonctionne de manière très concrète. Le montant du bonus est directement déduit de la facture chez un réparateur labellisé, dans le cadre de la loi AGEC. Parmi les exemples officiels donnés par economie.gouv.fr, on trouve 8 € pour la pose d’un patin sur des chaussures et 7 € pour le rapiècement d’un trou, d’un accroc ou d’une déchirure sur un vêtement. Si votre veste de pluie est encore fonctionnelle, si vos baskets ont besoin d’une petite remise en état, ou si votre housse textile de voyage présente une faiblesse, la réparation peut suffire pour repartir sereinement.
Cette montée en puissance du réemploi ne s’arrête pas au geste individuel. Le Gouvernement rappelle que le bonus réparation textile et chaussures a été mis en place en novembre 2023 puis élargi en février 2025 à l’ensemble de la filière TLC. Et en octobre 2025, l’ADEME mettait aussi en avant ReFair(e), un écosystème coopératif territorialisé dédié à la réparation et à l’entretien des textiles. Le message est clair : prolonger la vie de ses affaires de voyage devient une option structurée, soutenue et de plus en plus facile à activer.
Attention à l’effet rebond : acheter moins reste la vraie règle
La seconde main n’est durable que si elle remplace un achat neuf. C’est un point essentiel. L’ADEME observe en juin 2025 qu’il existe un effet rebond : dans 51 % des cas, les consommateurs de vêtements de seconde main réutilisent les économies réalisées pour acheter davantage de vêtements ou pour d’autres dépenses ; chez les vendeurs, ce taux monte à 66 %. En clair, si la seconde main sert surtout à consommer plus, son bénéfice environnemental diminue fortement.
Pour un voyage plus durable, la bonne méthode consiste donc à rester ciblé. On ne cherche pas à profiter d’un petit prix pour remplir sa valise. On cherche à couvrir un besoin réel avec le minimum d’articles utiles. Cela veut dire : acheter d’occasion uniquement ce qu’on portera vraiment, louer ce qui est exceptionnel, réparer ce qui peut l’être, et éviter les doublons. Cette discipline est particulièrement utile quand on voyage souvent, car l’accumulation se fait vite.
Le budget moyen consacré aux vêtements de seconde main est de 115 € par an par consommateur concerné, soit environ 30 % seulement de leur budget total d’habillement. Cela montre que la seconde main progresse, mais qu’elle ne remplace pas automatiquement le neuf. D’où l’intérêt d’une stratégie volontaire : faire une liste précise avant le départ, vérifier son équipement existant, puis arbitrer entre reprise, occasion, location et réparation au lieu d’acheter par réflexe.
Voyager plus durablement, c’est aussi repenser le transport et le volume emporté
Adopter la reprise et la location pour un voyage plus durable ne doit pas être isolé du reste du déplacement. L’Agence européenne pour l’environnement rappelait en 2025 que le transport représente environ 31 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre de l’UE-27 en 2023, et que la route compte pour 72,9 % des émissions du transport. Les émissions du secteur ont même augmenté de 25,3 % entre 1990 et 2023. Autrement dit, le sujet du bagage et de l’équipement est important, mais il s’inscrit dans une réflexion plus large sur la sobriété du voyage.
Le rail reste le mode le moins émetteur parmi les grands modes de transport européens, tandis que l’aviation internationale est devenue la deuxième source d’émissions du secteur en 2023. Dans beaucoup de cas, combiner train + location sur place est donc plus cohérent qu’avion + achat d’équipement neuf. Par exemple, rejoindre une destination en train, louer certains équipements à l’arrivée et utiliser une valise légère bien conçue peut améliorer à la fois le confort et le bilan global du séjour.
Cette approche rejoint directement les constats de l’ADEME sur le tourisme en France : si 92 % des touristes utilisent encore la voiture et si le transport pèse 69 % des émissions du tourisme, réduire la dépendance à l’auto devient un levier majeur. Louer sur place, partager, mutualiser et éviter d’emporter ou d’acheter trop de matériel vont donc dans le bon sens. On ne parle pas seulement de mode de consommation, mais bien d’une organisation de voyage plus sobre dans son ensemble.
Comment appliquer cette logique à vos bagages et à vos achats avant départ
La méthode la plus simple consiste à raisonner par couches. Première étape : ce que vous possédez déjà. Vérifiez votre valise, vos sacs, vos vêtements techniques, vos chaussures et vos accessoires. Deuxième étape : ce qui peut être réparé rapidement avec un coût raisonnable. Troisième étape : ce qui peut être trouvé en seconde main sans compromis majeur sur l’usage. Quatrième étape seulement : ce qui mérite une location pour un besoin ponctuel. Et l’achat neuf ne vient qu’en dernier recours, si l’article sera réellement utilisé longtemps.
Pour les bagages eux-mêmes, la reprise peut aussi avoir du sens. Une valise rigide ou souple de qualité, peu utilisée, peut offrir un excellent service pour un coût réduit. C’est particulièrement vrai pour les voyageurs qui veulent monter en gamme sans exploser leur budget. L’idée n’est pas d’accumuler plusieurs bagages spécialisés, mais de choisir un modèle fiable, léger, durable, puis de compléter intelligemment avec des accessoires d’occasion ou loués si nécessaire.
Enfin, gardez une règle simple : plus un article est spécifique à une destination ou à un usage unique, moins il est logique de l’acheter neuf. À l’inverse, plus un équipement vous accompagne souvent, plus il peut mériter un achat durable et bien choisi. C’est exactement l’équilibre recherché sur un site de conseils bagages : investir dans l’essentiel qui dure, et éviter le superflu grâce à la reprise, la location et la réparation.
Le mouvement va clairement dans cette direction. En 2024, l’ONU Tourisme annonçait l’adoption par la Commission statistique des Nations unies d’un nouveau standard mondial pour mesurer la durabilité du tourisme, présenté comme une étape historique. Cela montre que la sobriété, le réemploi et l’usage plutôt que la possession ne sont plus des idées marginales, mais des pratiques que le secteur commence à suivre et à mesurer sérieusement.
En pratique, la meilleure feuille de route pour adopter la reprise et la location pour un voyage plus durable repose sur quatre leviers complémentaires : remplacer l’achat neuf par la seconde main quand c’est pertinent, louer les articles à usage ponctuel, réparer avant de remplacer, et réduire la part de la voiture individuelle dans l’organisation du séjour. Ce sont des gestes simples, compatibles avec un voyage confortable, et particulièrement pertinents si vous cherchez à voyager léger, durable et sans achats inutiles.
